05.01.2012

Mozart sans fard !

mozart.JPGA 17 h 30, la musicologue et chef de chœur Michèle Lhopiteau-Dorfeuille accueillera tous les publics pour une conférence-débat sur Mozart. L'auteure d'une biographie très récente du compositeur du XVIIIe siècle (voir note) aura plaisir à partager ses découvertes, entre des témoignages d'époque, des extraits de la correspondance familiale des Mozart et des séquences musicales.

« Je suis dans Mozart depuis plusieurs années, et j'ai lu la correspondance de la famille Mozart, qui a été traduite en 1994 en français, explique-t-elle. J'ai découvert un personnage tout à fait différent que celui qui a été médiatisé, notamment avec le film Amadeus, comme un homme frivole, qui a eu une triste fin de vie. En réalité, il n'a pas été abandonné par sa femme, il n'était pas malade, il n'a pas été assassiné. Wolfgang Amadeo Mozart était au contraire follement amoureux de son épouse, il écrivait à sa famille chaque jour lorsqu'il était en voyage. C'était un homme profondément gentil et joyeux. Certes, il était criblé de dettes, c'est pourquoi il travaillait énormément pour réaliser les commandes qu'il recevait. D'ailleurs, avant sa mort en 1791, il travaillait à quatre commandes dont deux opéras, un concerto et le Requiem. »

Mme Lhopiteau-Dorfeuille dévoilera les résultats de ses recherches quant à la mort prématurée de ce compositeur qualifié de génie, détaillera les dons de création et de composition de Mozart et invitera le public à partager généreusement ses remarques autour d'œuvres qui seront à l'écoute durant la conférence.

Entrée libre, salle de la mairie.

note : Wolfgang Amadeo Mozart : « rêver avec les sons »

Michèle Lhopiteau-Dorfeuille,

Lormont, éd. Le bord de l'eau, 2011

07.10.2011

Cérémonie de remise de prix à la chapelle de Villeneuve

remise-prix.JPGLe Crédit Agricole Sud Méditerranée a attribué un prix de 12 000 euros à l'association de sauvegarde de la chapelle de Villeneuve pour les travaux de réhabilitation menés au printemps et en juillet. Cet événement a été fêté avec un concert donné par le pianiste catalan Philippe Argenty et un apéritif dînatoire, organisés par la commune, qui est propriétaire de ce lieu de culte.

Ce fut l'occasion, pour le maire, de réitérer son soutien à l'association, notamment pour les travaux prévus sur le retable. Pour le moment, aucune date n'a été annoncée.

autel.JPGEn revanche, la présidente de l'association a invité le public à découvrir l'autel réhabilité, arrivé deux jours auparavant dans la chapelle. Ce travail de longue haleine a été effectué par Valérie Bazillier, staffeur et peintre, en collaboration avec l'architecte Bruno Morin. La reconstitution des motifs et de l'encadrement a été faite à partir d'une photo de mariage, réalisée au début des années 1960, où l'autel apparaît derrière le prêtre officiant. Mme Bazillier a bâti un devant d'autel à base de plâtre et de blanc de Meudon, fixé sur du bois. Les motifs ont été gravés dans le stuc puis assiettés (comblés) en ocre rouge pour exalter la lumière de l'or. Pas moins de 160 feuilles ont été nécessaires pour orner les gravures et le cadre de volutes de bois. « Je me suis procuré ce matériel auprès des Ateliers Dauvet, qui sont les derniers fabricants de feuilles d'or en France, explique-t-elle. Pour obtenir un résultat proche de l'or du retable, j'ai choisi la nuance Perse, puis j'ai recouvert le tout d'un vernis de doreur, qui ne vire pas à la lumière. » Au total, ce chantier représente un mois de travail à temps plein.

M. Loreto, ancien conservateur délégué des antiquités et objets d'art auprès de la DRAC départementale, a commenté le retable baroque, daté probablement de la fin du XVIIe siècle, en fournissant des informations étonnantes sur la construction de l'ensemble des personnages et le choix de la statue de la Vierge. Il a attiré l'attention du public sur une prédelle (tableau de partie inférieure) qui représente l'invention de la vierge à la chapelle, figurant la légende du taureau qui découvre l'emplacement en grattant le sol avec son sabot.

argenty.JPGEt, surprise inattendue, le président du PNR des Pyrénées catalanes est arrivé en cours de cérémonie, découvrant avec un bonheur non dissimulé la beauté des travaux et de l'aménagement de ce lieu. Invité à s'exprimer, M. Bourquin a remercié chaleureusement tous les acteurs impliqués dans la préservation de ce patrimoine, qui contribuent ainsi à une dynamique culturelle et touristique en plein développement. « L'art et le recueillement sont dans la continuité de ce mouvement, déclare-t-il, le patrimoine nous indique d'où on vient, où on est et où l'on va. Nous sommes au début d'une nouvelle ère touristique. » Puis, se tournant vers le maire, le conseiller général du canton de Mont-Louis et la présidente de l'association, il a affirmé en souriant qu'il a « bien compris que le retable a besoin d'être restauré et que d'autres travaux seront nécessaires. Et je dis oui à tout cela. »

31.08.2011

Les aigles noirs

aigles-noirs.JPGComme deux aigles noirs prenant leur envol en souplesse, les deux guitaristes ont doucement joué le premier morceau de la « Cambridge Suite », de Nikita Koshkin, entraînant dans leur élan puissant des mélomanes ravis par cette musique d'inspiration slave. Prenant de l'altitude en virtuosité technique, les artistes ont invité leur public à voyager au-dessus de pays tels que la Russie, les Balkans, l'Argentine, Cuba et la France. En sortant de ce dernier concert à la chapelle de Villeneuve, une habitante de Montpellier sourit en déclarant que « c'était un moment très apaisant, rempli de sérénité musicale. » Deux découvertes ont illuminé cette balade étonnante : un « Souvenir de Russie », de Fernando Sor et une « Danse d'Avila » d'Ida Presti, qui était l'épouse et la partenaire d'Alexandre Lagoya.

Pourtant, le répertoire avait de quoi déconcerter tant du point de vue des harmonies entres les cordes que du point de vue des sonorités produites par les instruments. En effet, tantôt les notes s'appelaient pour se répondre ou s'échapper, puis se fondre dans un duo parfait. Ce fut le cas, par exemple, du troisième mouvement de la Macedonian Song, de Goran Ivanovic, au sujet duquel l'un des artistes a précisé qu'il est composé sur 11 temps, avec des mesures asymétriques. Tantôt les sons se paraient d'images de rencontres joyeuses ou tristes, de scènes de fêtes, parfois ils semblaient même provenir d'un autre instrument que la guitare.

Pascal Gozé et Nicolas Lupovici jouent ensemble depuis cinq ans. Leur complicité s'est exprimée par leurs regards appuyés de sourires, et leurs temps de respiration, parfaitement accordés, avant chaque paragraphe de musique. Ils ont joué des pièces originales, composées par des guitaristes pour des guitaristes. N. Lupovici a utilisé une guitare Contreras, avec une sonorité chaude et ronde, acquise directement auprès du luthier madrilène. P. Gozé a opté pour une guitare Alhambra, qui offre une palette sonore différente mais complémentaire de la Contreras, dans le cas de ce programme. Tous deux enseignent au Conservatoire à Rayonnement Régional de Perpignan et participent à de nombreux festivals.

14.08.2011

Trois rappels pour le trio baroque

baroque-capcir.JPGLe concert de Musique baroque en Capcir à la chapelle de Villeneuve s'est terminé par trois rappels, demandés par un public enthousiasmé par le charme et la virtuosité de ce trio peu commun. « Nous sommes amies depuis longtemps, explique en souriant la soprano, Michèle Mastrani. Notre complicité est un atout important en musique de chambre, car on s'écoute, on se regarde, on respire ensemble, on sait qu'on peut compter les unes sur les autres. »

Carole Parer, claveciniste, souligne que la musique baroque de la soirée est très expressive. « Nous interprétons des textes forts, dit-elle, et même la musique instrumentale contient de la vocalité. » De son côté, la violoniste Amandine solano-Parer ajoute qu'elles joueront sur des copies d'instruments anciens. Le public apprendra plus tard que la différence de température entre Perpignan (29°C) et le Capcir couvert de brouillard (12°C) oblige la violoniste a accorder plusieurs fois son instrument, équipé de cordes en boyau.

Le répertoire a été spécialement choisi pour accompagner à la fois le cadre cultuel et le cadre naturel. « Nous jouerons deux sonates du Rosaire, précise Mme Parer, car on a pensé que cette musique fait un lien avec l'activité de la chapelle. Le public découvrira un compositeur réputé auprès des spécialistes, car la musique de Biber, du XVIIe siècle, a une forme un peu spéciale. Tout s'enchaîne, il n'y a pas d'arrêt. Les rythmes et les sonorités sont variés, ce sont des sonates descriptives et d'un seul souffle . »

Après un duo clavecin-violon consacré aux sonates « L'annonciation » et la « Cucifixion » de Biver, Mme Mastrani a introduit la pièce de Purcell en exprimant malicieusement le contenu de l'œuvre anglaise. « En résumé, Purcell nous dit que la musique nous fait oublier tous nos soucis. » Puis le trio a enchaîné avec des pièces de Haendel, consacrées au thème de la nature, de sa beauté et de son pouvoir d'apaisement sur l'âme humaine. Le concert s'est achevé dans des notes toniques des compositeurs italiens Veracini et Vivaldi.

Michelle Mastrani est issue de l'Opéra Bastille. Carole Parer a mené ses premières études de clavecin au Conservatoire National de Lyon. Amandine solano-Parer a débuté en violon à l'âge de six ans et vient d'être admise à la Haute Ecole de Musique de Genève.

07.08.2011

Madrigal et autres chants vénitiens

monteverdi.JPGC'est un concert digne de la cour des Princes de Venise du XVIe siècle qui a été donné dans la chapelle de Villeneuve par l'ensemble vocal Giovanni Gabrieli et le Denès Consort. Le répertoire, d'une élégance vénitienne de la Renaissance, était en majeure partie consacré à Monteverdi, considéré par les musicologues comme le créateur de la musique moderne.

Chants profanes et religieux, madrigaux et louanges ont été interprétés sous la direction de Claude Pétillot. Comme l'explique le chef de chœur, « la musique de Monteverdi est délicate car elle demande beaucoup de concentration. En effet, elle comporte des interventions décalées, avec des entrées successives, qui apparaissent dans des endroits inattendus. »

D'autre part, l'acoustique surprenante de la chapelle les a quelque peu déconcertés lors de leur répétition matinale. « Elle était très sèche, explique M. Pétillot. Dans ce cas, la note s'arrête tout de suite, or il est important de s'entendre les uns, les autres. Mais, ce soir, avec la présence du public, on sent qu'elle est moins sèche. »

Placés en arrière-plan, les 11 choristes chantaient dans les quatre pupitres que sont les voix soprano, alto, ténor, basse. Les cinq musiciens utilisaient principalement des instruments à cordes tels que le violon, le ténor de viole (viole de gambe), la basse de viole et un théorbe, instrument rare et précieux, inventé en Italie à la fin du XVIe siècle. Un orgue portatif apportait une voix distincte.

L'ensemble vocal a été créé en 1981 dans la région parisienne. Son répertoire est riche de pièces polyphoniques et religieuses du Moyen-Age et de la Renaissance, ainsi que de pièces européennes baroques et classiques jusqu'aux chœurs de chambre romantiques. En 2004, il a établi une association de concert avec le Denès Consort de violes. 

C'est le deuxième été que ces artistes se produisent à Formiguères et à Quérigut, lieu dans lequel ils se retrouvent pour des stages intensifs.

05.08.2011

Des bravo pour le gospel féminin !

gospel.JPGUne chorale de femmes est entrée en silence dans la chapelle. Une choriste a pris le micro pour présenter le groupe et les chants choisis, tous en anglais. Pause d'une seconde. Soudain, un chœur enflammé s'est élevé vers la voûte, les chanteuses ont subtilement uni leurs voix sur un rythme de gospel américain, digne d'un groupe des Etats-Unis. Sidéré par cette énergie émanant avec tant de puissance, le public a commencé à frapper le tempo dans ses mains. L'une des choristes avait déclaré vouloir apporter, durant cette soirée, « du bonheur, de la joie, de l'amour ». Pari gagné pour ce groupe dont la passion est le chant du gospel, sous la houlette de leur nouvelle chef de chœur Sarah Le Bihan.

La chorale s'est mise en place il y a deux ans au Soler, et s'appelle « Chœur de chauffe ». Elle se produit en concert dans tout le département et anime des mariages tout au long de l'année. S'il n'y a pas d'hommes, « ce n'est pas par mysoginie », souligne une choriste, plutôt par manque de candidatures.

L'originalité du groupe tient donc à sa composition exclusivement féminine et aux possibilités qu'ont les chanteuses d'exercer leurs talents. Ainsi, par manque de ténor masculin, ce rôle revient à des femmes qui doivent adapter leur voix aux caractéristiques d'un ténor. La place de soliste a été tenue à tour de rôle par des femmes aux tessitures vocales très différentes les unes des autres.

A la grande joie d'un public de tous âges, qui a applaudi longuement ce groupe qui se produisait pour la première fois en Capcir.

29.07.2011

L'accord parfait

guitare-flute.JPGDeux enseignantes de musique et aussi deux complices musiciennes ont ouvert la saison des concerts d'été à la chapelle Notre-Dame de Villeneuve. Dès la première sonate, datée de la fin du XVIIe siècle, le public a ressenti l'accord parfait entre la flûte traversière et la guitare classique. Une sorte de volupté entre les deux musiciennes à lancer une première note, à se répondre, à se suivre dans une simultanéité de souffle et de doigté a mis en valeur la qualité d'un répertoire allant du baroque au classique, pour aboutir à une pièce finale composée par Jacques Ibert, reconnu pour la clarté et l'élégance de ses œuvres françaises.

Le duo Thémis est le nom de l'association entre deux femmes qui pratiquent la musique depuis plusieurs années. Anne Baudrillard a une maîtrise de concertiste en guitare classique et enseigne en conservatoires depuis 1972. Lieve Ottoy est concertiste soliste, membre de l'orchestre symphonique de l'académie d'Aarschot (Belgique) et de plusieurs ensembles musicaux.

Avec leur expérience en production, composition et en enseignement, notamment à l'école de musique du Conflent, les deux musiciennes ont créé leur association Thémis en 2010 afin de lancer leur école de musique à Treilles en septembre prochain. Plusieurs disciplines seront proposées, en commençant par flûte traversière et guitare, complétées par le piano, la batterie, le saxophone, le chant et la chorale, l'enseignement et l'éveil musicaux.